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Discours de Pauline Rapilly Ferniot au meeting de L'Écologie pour Boulogne Billancourt

Rédigé le Dimanche 10 Mai 2020 à 15:06 | Lu 6 fois


On a déjà une victoire à célébrer

Discours de Pauline Rapilly Ferniot au meeting de L'Écologie pour Boulogne Billancourt
Merci à toutes et à tous d’être venus. Merci encore à Julien et à Jacques de nous venir nous soutenir, ici dans le 92, où les écolos ne sont pas encore majoritaires.
 
Comme l’a rappelé Remi, être écolo dans le 92 ça n’a pas toujours été facile, ni porteur électoralement parlant. C’est vrai partout, mais encore plus ici, où nous n’avons jamais réussi à réunir 55 personnes pour présenter une liste aux municipales. Jamais, jusqu’à aujourd’hui.
 
Cette feuille (déclaration officielle) elle est historique. On est au premier jour officiel de la campagne mais on peut déjà célébrer cette victoire. Pour la première fois il y aura une liste écolo à Boulogne Billancourt.
 
C’est historique mais ça ne suffit pas, ça ne rend pas l’air plus propre ni l’alimentation plus bio. C’est une première étape.

Parce que oui, notre présence à ces élection rend déjà les candidatures des autres plus vertes.

« on n’a pas besoin de parti écologiste parce qu’elle est dans tous les partis » et d’ailleurs « l’écologie ne devra pas être un parti ».

« Cette année le vert c’est à la mode ». Maintenant tout le monde est écolo, et on entend souvent sur le marché « on n’a pas besoin de parti écologiste parce qu’elle est dans tous les partis » et d’ailleurs « l’écologie ne devrait pas être un parti ».
 
 Pour reprendre l’excellent discours de Marine Tondelier, qui se présente à Hénin Beaumont face au Front National ; il y a les écologistes mais... et les écologistes point.
 
Les écologistes mais... « le développement économique c’est important », ou encore les écologistes mais... ça va rapporter de l’argent à la commune « de bétonner l’Île Seguin par exemple ».
 
Face à l’urgence climatique, nous ne voulons pas des maires qui sont « convaincus que l’écologie est importante » quand ils sont candidats … mais que « vous comprenez c’est pas aussi simple que vous croyez » après leur élection dans leurs actes.
 
Aujourd’hui nous avons besoin de maires écologistes.

Une Maire écologiste ce n'est pas seulement quelqu'un qui va planter des arbres

Mais qu’est-ce que c’est, un·e maire écologiste ? (Jacques Boutault vous a montré une partie de ce que la volonté permet de réaliser à l’échelle d’un arrondissement)
 
Un·e maire écologiste ce n’est pas seulement quelqu’un qui va planter des arbres et vous permettre de circuler à vélo dans la ville.
 
Bien sûr nous voulons plus d’espace verts. Pas seulement parce que c’est notre couleur préféré, le vert mais parce que c’est vital. Les espaces verts apportent de nombreux bienfaits, en termes de relaxation psychologique et de réduction du stress, d’augmentation de l’activité physique et de réduction potentielle de l’exposition à la pollution de l’air, au bruit et à la chaleur excessive.
 
L’organisation Mondiale de la Santé préconise 12 mètres carré d’espace verts par personne, à Boulogne, nous avons moins de 5 mètres carrés par personne. Chiffre dans lequel on inclut les terrains de sports en synthétique. En tant que joueuse dans l’équipe féminine foot de l’ACBB, je peux en témoigner.
 
Bien sûr, nous voulons du bio dans les cantines. Et Jacques vous a montré que c’est possible, c’est avant tout une question de volonté politique.
 
Bien sûr, nous voulons des mobilités douces. Cela ne veut pas dire que nous voulons des vélos partout, nous voulons surtout la possibilité de se déplacer à vélo en sécurité. Aujourd’hui, à Boulogne, on a quelques pistes cyclables séparées, jamais reliées entre elles, et, à l’approche des élections et avec la vague écolo, on a vu se multiplier les bandes cyclables. Les bandes cyclables ce sont les marquages au sol. Une piste, elle est clairement séparée des autres usagers, nous les voulons reliés entre elles. Bien pensées, ces pistes cyclables seront aussi l’occasion de repenser les déplacements de manière plus globale. Dans une ville, en plus des vélos et des voitures, nous avons aussi des piétons. Et, parmi eux, des personnes qui ont plus de difficultés à se déplacer ; repenser les déplacements permet de faciliter les déplacements des personnes dites à mobilité réduites et âgées.

2 ans d'espérance de vie en moins...dû au simple fait de respirer en Ile de France

Aujourd’hui, quand on dit qu’on va permettre les mobilités douces, on dit aussi qu’on va réduire la place de la voiture. C’est une nécessité. Les jeunes militants écolo aujourd’hui dans le cadre des municipales mènent une campagne (« La Rue est à Nous »). Cette campagne met en avant un chiffre, qui m’a beaucoup marqué : 2 ans. 2 ans c’est l’espérance de vie en moins des moins de 30 ans qui vivent en île de France. Aujourd’hui, vos enfants, ont 2 ans d’espérance de vie en moins, du simple fait qu’ils/elles respirent ici.
 
Face à cette urgence, on a un maire qui a construit une route dans l’unique but de faciliter la dépose des enfants en voiture devant leur école, et qui a ouvert à la circulation une voie (devant l’école Casteja) qui était piétonne. C’est exactement l’inverse de ce qu’il faut faire aujourd’hui.
 
C’est là qu’on voit que l’écologie ne peut se limiter aux gestes individuels.  Quand on a des enfants à Boulogne on peut acheter des légumes bio et tout cuisiner maison, on peut prendre le vélo et aller dans un parc le week-end. Mais que peut-on, individuellement, sur la qualité de l’air ? C’est là qu’il faut une politique globale et ambitieuse.

Quand on a des enfants à Boulogne on peut acheter des légumes bio et tout cuisiner maison, on peut prendre le vélo et l’emmener dans un parc de week end. Mais que peut-on, individuellement, sur la qualité de l’air ?

On pourrait continuer longtemps les actions qui font notre marque de fabrique. Mais aujourd’hui vous retrouver notre programme copié dans les programmes de tous les candidats, alors je vous propose de passer à ce qui fait notre spécificité, à nous, les écologistes.
 
L’écologie c’est aussi une manière de faire de la politique. Nous ne voulons pas remplacer les dirigeants politiques d'aujourd'hui pour être les mêmes demain. Pour nous, la politique ce n’est pas décider seul et imposer nos décisions. Nous proposons une nouvelle manière de diriger, de faire de la politique. Nous portons une vision, celle d’une ville durable et solidaire, une ville où chacun trouve sa place, et cette ville nous voulons la construire avec les habitant·e·s.

Notre politique, notre mode de gouvernance nous le ferons « participatif » :
Nous mettrons en place un budget participatif pour que les boulonnais·e·s puissent proposer des projets et les voir réalisés. Et nous redonnerons vie aux conseils de quartiers. Pour faire une ville qui leur ressemble.

Quelque chose qu’on ne fera pas c’est d’acheter une équipe de basket professionnelle à notre ami maire voisin et puis construire dans la foulée un stade de basket à 70 millions d’euro

Nous nous engageons à consulter les boulonnais·e·s sur tous les projets importants. Quelque chose qu’on ne fera pas, par exemple, c’est d’acheter une équipe de basket professionnelle à notre ami maire voisin et puis construir dans la foulée un stade de basket à 70 millions d’euros dans un quartier de la ville déjà densément peuplé.  Aujourd’hui, beaucoup de boulonnais·e·s l’ignorent encore, mais, sur le terrain à côté de la place Bir Hakeim, la ville va construire un stade de basket à 70 millions d’euros.
 
Les travaux doivent débuter dans l’année, évidemment quand les écologistes seront à la mairie nous continuerons de nous opposer à ce projet inutile. Dans notre idéal écolo, on voudrait y faire un jardin partagé et y installer une recyclerie. Il s’agit de lieux sur lesquels étaient les usines Renault on sait donc que c’est pollué, un tel projet nécessitera donc d’analyser la pollution des sols. De plus, nous souhaitons construire ce projet en concertation avec les habitant·e·s.
 
Ce mode de gouvernance nous l’avons déjà mise en place pendant la campagne. Pour ce qui est du programme, de l’organisation de la campagne, des actions à mettre en place et jusqu’à l’ordre de la liste, tout a été débattu et construit collectivement.

Avec David Belliard, le candidat parisien, et les candidates des 131 villes de la Métropole du Grand Paris nous avons élaboré un plan commun pour la métropole.

L’autre point qui fait notre spécificité, à nous les écologistes, c’est la capacité à travailler ensemble et à proposer un projet collectif. Car, comme disent les écolos de Montrouge, notre ville n’est pas une île. Nous vivons avec Paris, avec la métropole et nos décisions doivent se faire dans cette perspective. Et ça tombe bien parce qu'avec David Belliard, le candidat parisien, et les candidat·e·s des 131 villes de la Métropole du Grand Paris nous avons élaboré un plan commun pour la métropole. Alimentation, vélo, périphérique et autoroutes urbaines.
 
 
J’ai évoqué les usines Renault, je suis jeune mais je crois que les plus anciens de mon groupe m’en voudraient de parler de Boulogne sans évoquer Billancourt. Billancourt ce sont des milliers d’ouvriers qui travaillaient chaque jour dans les usines Renault, les écolos souhaitent rendre vivante cette mémoire ouvrière. Et c’est quelque chose que nous nous engageons à porter quand nous serons à la mairie.
 
Avant de faire ma conclusion, j’ai failli oublier ces deux post-it sur mon bureau. Isée et Louis. Tout au long de la campagne, on a cherché comment avoir le maximum de retours de la part des boulonnais·e·s, sur les marchés on a mis une pancarte « Pour Boulogne je voudrais… » et nous avons mis des post-it à disposition. On pensait s’adresser aux parents mais c’est surtout les enfants qui sont venus coller des idées sur les post-it. Il y en a deux qui m’ont particulièrement touchées :
 
Louis B « Je voudrais moins de pollution » et Isée « Je voudrais qu’à l’école ce soit meilleur et bio à la cantine »
 
Pour Isée, pour Louis, et pour les jeunes générations, je finis sur une promesse.

Quel que soit le résultat des 15 et 22 mars, nous ferons gagner l’écologie à Boulogne Billancourt.

Quel que soit le résultat des 15 et 22 mars, nous ferons gagner l’écologie à Boulogne Billancourt. Des élu·e·s écologistes il y en a déjà dans beaucoup de villes, ils n’ont pas la majorité mais leur présence a déjà permis de nombreuses avancées.
 
La lutte contre la pêche électrique en Europe, la piétonisation des voies sur berges à Paris, le passage de toutes les routes à 30 km/h à Bondy par exemple. Tous ces endroits ne sont pas aujourd’hui dirigés par des écolos, mais la présence d’écolos de combat dans ces instances permet des avancés.
 
Notre présence dans la ville a déjà verdi tous les programmes.
 
Que ce soit en tant qu’habitant·e·s de la ville, en tant que groupe d’opposition, ou en tant qu’équipe municipale, nous ferons gagner l’écologie à Boulogne Billancourt.




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